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Créer une entreprise d’import-export : démarches et premiers fournisseurs

Conteneurs maritimes empilés sur un quai de port industriel, grue portuaire jaune en arrière-plan, ciel bleu, ambiance commerce international, lumière dorée de fin de journée

Le commerce international représente près de mille milliards d’euros d’échanges annuels pour la France, dont quarante pour cent des flux passent par des PME et TPE indépendantes. Le marché de l’import-export reste accessible aux primo-entrepreneurs : pas de qualification professionnelle obligatoire, capital de démarrage modeste pour la commission ou la revente, et marges nettes situées entre quinze et trente-cinq pour cent selon les produits. Mais le marché reste exigeant : un nouveau négociant sur deux ne franchit pas le cap des trois ans, principalement par méconnaissance des procédures douanières, sélection hasardeuse de fournisseurs et absence de portefeuille clients sécurisé. Chez Propuls’Lead, nous accompagnons depuis quinze ans des dirigeants qui structurent une activité de négoce international, et nous voyons les mêmes leviers décider du succès commercial. Cet article décrit la méthode pour créer une entreprise d’import-export et signer ses premières opérations dans les six mois.

Statut juridique, immatriculation et numéro EORI

Le choix du statut structure la trajectoire fiscale et opérationnelle. Trois options dominent pour un négociant qui démarre.

La SASU ou l’EURL avec option IS conviennent à la majorité des projets sérieux. Elles permettent la récupération de TVA sur les achats à l’étranger, la signature de contrats internationaux avec une crédibilité juridique, l’ouverture de comptes bancaires multidevises et l’embauche rapide d’un assistant commercial bilingue. Le capital social peut démarrer à mille euros, mais un capital de cinq à dix mille euros rassure les fournisseurs étrangers et les banques. Notre article sur comment choisir son statut juridique pour se lancer détaille les arbitrages entre micro-entreprise, SARL et SAS.

La micro-entreprise reste possible pour un négoce de petites valeurs en BtoC, mais le plafond de cent quatre-vingt-huit mille sept cents euros pour la vente de marchandises et l’impossibilité de récupérer la TVA limitent rapidement la marge. Elle convient aux activités de dropshipping international avec ticket moyen faible.

Le numéro EORI (Economic Operator Registration and Identification) est obligatoire pour toute entreprise qui réalise des opérations douanières dans l’Union européenne. La demande se fait gratuitement sur le portail SOPRANO de la douane française et le numéro est délivré en quarante-huit heures. Sans EORI, aucune déclaration douanière ne peut être déposée, aucun conteneur ne peut être dédouané. Le numéro de TVA intracommunautaire, attribué automatiquement à la création de la société, complète le dispositif pour les échanges au sein de l’Union.

L’inscription au registre du commerce mentionne le code APE 4690Z (commerce de gros non spécialisé) ou un code plus précis selon les produits. La déclaration d’établissement d’un siège social, même à domicile pour démarrer, suffit dans la majorité des cas. Une assurance responsabilité civile professionnelle (entre trois cents et mille deux cents euros annuels) couvre les dommages causés aux clients ou aux marchandises transportées.

Procédures douanières et obligations réglementaires

Le passage en douane structure le quotidien de l’import-export. Trois régimes organisent les flux entrants en France.

La mise en libre pratique (paiement immédiat des droits de douane et de la TVA à l’importation) reste la procédure standard pour les marchandises revendues sur le marché français. Les droits varient de zéro à vingt-cinq pour cent selon le code nomenclature TARIC. La TVA à vingt pour cent s’applique sur la valeur en douane, mais elle est récupérable pour une entreprise assujettie.

Le perfectionnement actif autorise l’importation temporaire de matières premières destinées à être transformées puis réexportées : suspension totale des droits et taxes pendant vingt-quatre mois renouvelables. Ce régime convient au négoce à valeur ajoutée. L’entrepôt sous douane permet de stocker des marchandises non dédouanées en suspension de droits, payés au moment de la sortie effective.

Le recours à un commissionnaire en douane reste recommandé pour les douze à dix-huit premiers mois. Le commissionnaire (Geodis, DSV, Bolloré Logistics, Kuehne+Nagel) prend en charge les déclarations DELTA, le calcul des droits, la gestion documentaire. Son coût (entre cinquante et deux cent cinquante euros par déclaration) est amorti par l’absence d’erreurs qui peuvent immobiliser un conteneur trois semaines.

Les contrôles réglementaires varient selon les produits : marquage CE pour les manufacturés, certificats sanitaires pour l’alimentaire, autorisation REACH pour les substances chimiques, contrôles vétérinaires, contraintes CITES. La conformité réglementaire conditionne l’entrée sur le territoire et engage la responsabilité du négociant.

Sourcer et qualifier ses premiers fournisseurs

La sélection des fournisseurs décide de la rentabilité et de la pérennité du négoce. Quatre canaux structurent le sourcing international.

Les salons professionnels internationaux restent le canal le plus efficace pour qualifier un fournisseur en face à face. Le Canton Fair (Chine, deux sessions annuelles, plus de vingt-cinq mille exposants), Ambiente Frankfurt, Sourcing at Magic Las Vegas, IFA Berlin, MIDO Milan, Vinexpo Bordeaux : chaque secteur dispose de deux à trois rendez-vous mondiaux où se rencontrent producteurs et négociants. Un déplacement de cinq jours sur un salon majeur permet de qualifier entre quinze et trente fournisseurs sérieux et de tester les échantillons. Notre article sur trouver des clients grâce aux événements locaux et salons professionnels propose une méthodologie applicable à la visite de salons internationaux.

Les plateformes B2B internationales (Alibaba, Global Sources, Made-in-China, IndiaMART, ThomasNet pour les États-Unis, Europages pour l’Europe) recensent plusieurs millions de fabricants vérifiés. Les filtres Gold Supplier, Trade Assurance et Verified Manufacturer réduisent le risque d’intermédiaires non producteurs. Trois précautions s’imposent : demander la copie de la licence d’exportation, vérifier les certifications produit (ISO 9001, BSCI, FSC selon les filières), commander un échantillon payant avant toute commande de série.

Les chambres de commerce bilatérales (CCI France-Chine, CCFA, CCEF, Business France) accompagnent les primo-exportateurs avec des missions collectives, des listes de fournisseurs présélectionnés et des rendez-vous d’affaires organisés. Le programme Business France de mission collective revient entre mille cinq cents et quatre mille euros pour cinq jours, hébergement et rendez-vous inclus.

Les sociétés d’intermédiation locale (sourcing agents) basées dans le pays fournisseur sont une option complémentaire pour les négociants qui ne souhaitent pas se déplacer. Une commission de trois à sept pour cent sur les commandes en échange d’une présélection, d’un audit usine et d’une supervision qualité. Ce modèle convient surtout à la Chine, à l’Inde et au Vietnam où la barrière linguistique et culturelle complique le contrôle à distance.

La qualification d’un nouveau fournisseur passe par cinq vérifications : la commande d’un échantillon payant pour validation produit, l’audit social et qualité (à distance ou via un cabinet local type SGS, Bureau Veritas, Intertek), la vérification de l’existence légale via les registres publics (China Customs, MCA pour l’Inde, Companies House pour le Royaume-Uni), la souscription d’une assurance crédit export (Coface, Euler Hermes) sur les premières opérations, et le démarrage par une commande pilote de faible volume avant tout engagement de gros volume. Notre article sur comment décrocher son premier gros contrat quand on est une petite structure propose une mécanique applicable aux négociations avec un premier fournisseur exclusif.

Acquérir ses premiers clients et structurer le négoce

Quatre canaux structurent l’acquisition des premiers clients pour un négociant qui démarre.

Premier canal : la prospection directe sur LinkedIn auprès des acheteurs de la filière ciblée. Une approche personnalisée envers cinquante à cent acheteurs (centrales d’achat, distributeurs spécialisés, e-commerçants verticaux) génère systématiquement les trois à cinq premiers contrats dans les quatre-vingt-dix jours.

Deuxième canal : les marketplaces B2B européennes (Faire, Ankorstore pour les produits de marque, Joor pour la mode, Tradeling pour le Moyen-Orient). Une inscription comme vendeur, avec catalogue traduit et logistique préparée, ouvre l’accès à des dizaines de milliers d’acheteurs professionnels actifs.

Troisième canal : la participation à des salons B2B nationaux côté distribution (Maison & Objet, Marie Claire Maison, Sirha, Equiphotel, Foodex selon les filières). Un stand modeste de neuf mètres carrés génère entre trente et soixante prospects qualifiés par salon.

Quatrième canal : le démarchage téléphonique structuré auprès des centrales d’achat et grossistes régionaux, qui restent un canal historiquement performant dans la distribution alimentaire, le bricolage, le jouet et la décoration. Notre article sur comment trouver ses 10 premiers clients quand personne ne vous connaît détaille les fondamentaux de l’acquisition au démarrage.

Dans le cadre de la méthodologie PROPULSE que nous appliquons chez Propuls’Lead, nous recommandons aux négociants qui démarrent de viser une marge brute minimale de vingt-cinq pour cent par opération, un délai client moyen inférieur à soixante jours et un taux d’avarie ou de retour inférieur à trois pour cent dès la première année. Ce niveau d’exigence finance la trésorerie et l’investissement progressif dans le stock.

Sécuriser le négoce sur la durée

Créer une entreprise d’import-export exige une combinaison rare de rigueur réglementaire, de discipline de sourcing et de vélocité commerciale. Un statut juridique adapté au volume cible, des procédures douanières maîtrisées via un commissionnaire, un sourcing fournisseur qualifié sur plusieurs canaux, et un plan d’acquisition activé dès la première commande : ces fondamentaux décident de la trajectoire des trois premières années. Chez Propuls’Lead, nous voyons régulièrement des négociants indépendants atteindre un million d’euros de chiffre d’affaires dès la troisième année quand ces disciplines sont installées dès le départ. Si vous portez un projet de création, demandez votre numéro EORI dans la semaine de l’immatriculation, identifiez deux salons internationaux de sourcing dans votre filière sur les six prochains mois, et activez votre canal de prospection principal dès la commande pilote validée. Ces priorités évitent les erreurs coûteuses des dix-huit premiers mois.

Sources

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